Robyn Garlow, apprentie monteuse de charpentes en acier
Six-Nations de Grand River (Ontario)

Grandissant avec un père monteur de charpentes en acier, Robyn Garlow a eu un bon avant-goût de ce qu’est la vie dans le métier. Suivant son père dans les villes où il a travaillé et entendant les anecdotes du reste de ses cousins monteurs, ce n’est pas étonnant que Robyn, membre des Six-Nations de Grand River, soit aujourd’hui une apprentie de première année.
« Je n’ai jamais vraiment pu m’imaginer derrière un pupitre ou quelque chose comme ça. J’ai toujours pensé que le simple fait d’être dans les airs en pratiquant [le montage de charpentes en acier] ferait un travail super », dit-elle. « C’est sérieux, vous faites ce qu’il y a à faire, mais il y aussi le plaisir qui va de pair », ajoute-t-elle. La camaraderie parmi les monteurs n’a rien de nouveau pour Robyn, qui a souvent observé son père retrouver de vieux amis sur des chantiers de construction.
En tant que jeune monteuse autochtone, Robyn fait partie d’une minorité dans son métier, mais reconnaît que travailler avec les hommes sur le chantier n’est pas plus difficile pour elle que pour un autre travailleur. « Je pensais qu’ils allaient peut-être me considérer différemment parce que je suis une femme, mais pas vraiment. On me traite de la même façon que tous les autres apprentis; on reçoit ses ordres et on les exécute », explique-t-elle.
Bien qu’elle n’ait pas eu la chance de travailler sur plusieurs chantiers encore, Robyn attend avec impatience tout ce que le métier a à offrir. Son père craignait qu’elle ait de la difficulté à élever une famille et à travailler comme monteuse à cause de tous les déplacements. Mais le fait d’avoir vu son père élever deux enfants tout seul et réussir dans le métier donne confiance à Robyn parce qu’elle sait qu’elle peut y arriver aussi.
« Dans l’ensemble, il est assez fier que je sois monteuse de charpentes en acier comme lui », dit-elle. Comme la plupart des monteurs, Robyn est fière de ses réalisations, mais elle pense aussi que sa fierté vient de la tradition et de l’héritage des monteurs autochtones. « Je pense que le métier fait partie de notre héritage. C’est tout ce qu’il y avait il y a longtemps, que des Autochtones marchant sur les poutres et faisant tout le travail », se dit-elle. Le travail s’accompagne aussi d’un sentiment de satisfaction. « Je fais quelque chose que bien des biens ne seraient pas capables de faire. »
